Cher multipotentiel qui se lasse vite, j’ai une nouvelle qui va peut-être vous soulager.
Votre problème n’est sans doute pas que vous n’avez pas encore trouvé la bonne idée. Votre problème, c’est que vous cherchez une nouvelle idée dès que l’ancienne devient normale.
Vous connaissez le cycle. Une idée surgit. L’énergie revient. Vous ouvrez un nouveau document, un nouveau projet, une nouvelle offre, parfois une nouvelle version de vous-même. Pendant quelques jours, parfois quelques semaines, vous revivez. Puis la nouveauté retombe. Le projet devient ordinaire. Il faut continuer, structurer, répéter, vendre, terminer. Et déjà, votre cerveau regarde ailleurs.
À force, vous ne construisez plus une œuvre. Vous accumulez des commencements.
Dans cet article, je veux vous proposer une autre façon de regarder votre multipotentialité. Parce que le sujet n’est pas votre richesse intérieure. Le sujet, c’est l’absence de fil conducteur.
La vraie question n’est pas « pourquoi je me lasse », mais « pourquoi je ne construis pas »
Disons-le tout de suite, pour ceux qui veulent la réponse avant le développement.
Si vous êtes multipotentiel et que vous abandonnez vos projets, ce n’est probablement pas un manque de discipline, ni la preuve que vous n’êtes pas fait pour réussir. C’est le plus souvent une question d’architecture. Vos élans existent, ils sont réels, ils sont nombreux. Mais ils ne sont pas encore reliés entre eux. Chacun part dans sa direction, alors ils se concurrencent au lieu de se renforcer.
Le reste de cet article décrit ce glissement, et l’exercice concret pour en sortir.
Le vrai piège du multipotentiel : croire que chaque idée est une nouvelle vie
Quand on est multipotentiel, le piège n’est pas d’avoir trop d’idées. C’est de croire que chaque idée nouvelle est forcément une nouvelle vie.
Une idée arrive, et déjà vous voyez tout ce qu’elle pourrait devenir. La nouvelle offre, la nouvelle chaîne, le nouveau positionnement. Votre cerveau fonctionne par association, alors vous ne voyez pas une idée : vous voyez un monde.
C’est une force rare. C’est aussi un piège.
L’addiction au commencement
Plus vous êtes capable de voir des mondes possibles, plus vous risquez de devenir accro à la sensation du début.
Le commencement est léger. Rien n’est encore lourd, contraignant, répétitif. Vous êtes dans l’imaginaire, dans l’élan, dans la projection.
Mais construire ne se résume pas à commencer. Construire, c’est rester quand l’excitation baisse. C’est traverser la zone où le projet n’est plus neuf, mais pas encore solide. Et c’est souvent là que le multipotentiel disparaît. Pas par paresse. Pas par incapacité. Parce que personne ne lui a appris à transformer son besoin de variété en structure qui dure.
Dispersion ou variété : la distinction qui change tout
Voici une distinction que j’aimerais que vous gardiez.
La dispersion, ce n’est pas avoir plusieurs centres d’intérêt. La dispersion, c’est changer de direction pour fuir l’ennui.
La variété, ce n’est pas repartir de zéro en permanence. La variété, c’est enrichir une même direction avec plusieurs angles.
La nuance paraît mince. Elle change tout.
Parce que le plus souvent, le multipotentiel ne veut pas vraiment abandonner. Il veut respirer. Il veut sentir que sa vie ne se transforme pas en couloir. Quand son projet devient trop linéaire, trop figé, il panique en silence. Alors il crée une sortie de secours : un nouveau projet, une nouvelle piste. Sauf qu’à force d’ouvrir des sorties de secours, on ne construit plus de maison. On vit dans des portes ouvertes.
Vous n’avez pas besoin d’être monotâche pour être stable. Pas besoin d’être linéaire pour être cohérent. Pas besoin de rétrécir votre richesse pour bâtir quelque chose de solide. Mais vous avez besoin d’un axe. Un fil conducteur. Quelque chose qui permet à vos élans de se renforcer, au lieu de se faire concurrence.
Le profil du multipotentiel éparpillé
Dans l’étude des profils Flowtasking™, le multipotentiel éparpillé est décrit comme quelqu’un qui veut mener plusieurs projets de front, et qui se retrouve souvent avec des chantiers ouverts, de la culpabilité, et une vraie difficulté à prioriser quand tout semble important au même moment.
Vous vous reconnaissez ? C’est précisément ce que nous cherchons à dénouer.
Vous n’avez pas besoin de 150 idées, mais de profondeur
Quand vous vous lassez, votre réflexe peut être de chercher 150 nouvelles choses. Une nouvelle activité, une nouvelle méthode, une nouvelle niche, une nouvelle stratégie, une nouvelle application.
Mais parfois, ce n’est pas de nouveauté que vous avez besoin. C’est de profondeur.
Peut-être que vous n’avez pas besoin de faire 150 choses différentes pour nourrir votre multipotentialité. Peut-être que vous avez besoin de créer une seule chose, assez riche pour l’explorer de 150 façons. Une chose qui rassemble vos talents, relie vos expériences, harmonise vos passions. Une chose qui devient votre fil conducteur.
Et au lieu de repartir de zéro à chaque fois, vous l’améliorez. Vous la déclinez. Vous la faites évoluer avec vous.
Dispersion contre fil conducteur : un exemple
Regardez la différence.
La dispersion ressemble à ça. « Je lance une chaîne YouTube. » Puis : « Finalement, un podcast. » Puis : « Finalement, une formation. » Puis : « Finalement, je change de niche. » Tout part dans tous les sens.
Le fil conducteur ressemble à ça. « Je veux aider les multipotentiels à se structurer sans se trahir. » À partir de cet axe, je peux faire une chaîne YouTube, un podcast, un livre, une formation, un diagnostic, des accompagnements, des conférences. Tout nourrit la même direction.
Ce n’est plus de la dispersion. C’est un écosystème.
Ce que Flowtasking m’a appris sur mes propres projets
C’est exactement ce que j’ai compris en construisant Flowtasking™.
Pendant longtemps, j’ai cru que j’avais trop de sujets. L’organisation, la psychologie, le business, la créativité, la stratégie, le rapport au temps, le rapport à l’énergie, la multipotentialité. Vu de l’extérieur, on aurait pu me dire : « Johann, tu pars dans tous les sens. »
En réalité, le problème n’était pas le nombre de sujets. C’était qu’ils n’étaient pas encore tressés autour d’un axe clair.
Le jour où j’ai compris que mon fil conducteur était d’aider les profils atypiques, multipotentiels et multiprojets à créer leur propre système pour avancer sans s’épuiser, tout s’est mis à se relier.
Je n’avais pas besoin d’abandonner mes intérêts. J’avais besoin d’un écosystème capable de les accueillir.
Le changement est énorme. Sans écosystème, chaque nouvelle envie ressemble à une menace : encore une idée, encore une distraction, encore un truc que je ne finirai pas. Avec un écosystème, chaque idée devient une matière première. Vous ne vous demandez plus : « Est-ce que je dois tout abandonner pour suivre cette idée ? » Vous demandez : « Où est-ce que cette idée peut s’intégrer dans mon axe ? »
Et si elle ne s’intègre pas, vous n’avez pas à la jeter. Vous la mettez en réserve. Vous la laissez mûrir. Vous n’êtes plus obligé de brûler votre système à chaque étincelle.
La lassitude n’est pas un défaut, c’est un signal
Je vais vous dire quelque chose d’important. Si vous vous lassez vite, ce n’est pas forcément un défaut. La lassitude est parfois un signal.
Elle peut dire : ce projet est devenu trop répétitif. Ce système est trop rigide. Cette direction ne laisse plus de place à votre créativité. Vous avez besoin de variation.
Mais si vous lisez chaque lassitude comme la preuve qu’il faut tout abandonner, vous passerez votre vie à recommencer.
La bonne question n’est pas toujours : « Est-ce que je dois arrêter ce projet ? » Elle est souvent : « Comment remettre du mouvement dans ce projet sans repartir de zéro ? »
Une offre vous ennuie ? Avant d’en créer une autre, demandez-vous comment la décliner, changer son format, l’appliquer à un nouveau public, l’enrichir d’une dimension nouvelle. Un contenu ne vous excite plus ? Avant de changer de sujet, cherchez un autre angle : une histoire, une étude de cas, une métaphore, une série.
Ce que vous appelez « lassitude » n’est pas toujours un appel à fuir. C’est parfois un appel à faire évoluer.
La métaphore de la tresse
J’aime l’image de la tresse.
Un fil seul est fragile. Vous tirez dessus, il casse. Plusieurs fils tressés ensemble deviennent solides.
Vos projets fonctionnent pareil. Si chaque passion part dans sa direction, vous vous retrouvez avec des fils emmêlés. Vous avancez sur votre business, vous pensez à votre livre. Vous travaillez votre livre, vous pensez à votre podcast. Vous êtes partout. Vous n’êtes jamais complètement là.
Le fil conducteur n’est pas une prison. C’est une tresse. C’est ce qui rend vos élans plus forts ensemble. Pas forcément moins nombreux. Mieux reliés.
Beaucoup de multipotentiels se trompent ici. Ils croient que se structurer revient à rétrécir leur vie. Or bien se structurer, c’est souvent agrandir sa capacité à accueillir sa propre complexité. Pas en ajoutant du chaos. En créant une architecture.
L’exercice : listez vos fils, pas vos projets
Si vous vous reconnaissez, voici un exercice simple.
Prenez une feuille. Au lieu de lister vos projets, listez vos fils.
- Quels grands thèmes reviennent toujours dans votre vie ?
- Que faites-vous depuis des années, même sous des formes différentes ?
- Quelles questions vous obsèdent ?
- Quels problèmes aimez-vous résoudre ?
- Quelles compétences se répètent d’un projet à l’autre ?
- Quelles valeurs refusez-vous de sacrifier ?
Ensuite, posez la seule question qui compte : quel axe pourrait relier tout cela ?
Pas le projet parfait. Pas l’idée définitive. Pas la case où vous enfermer pour trente ans. Juste l’axe. La colonne vertébrale. Le fil conducteur.
Par exemple : « J’aide les créatifs à transformer leurs idées en projets finis. » « J’aide les dirigeants sensibles à piloter sans s’épuiser. » « J’aide les profils atypiques à reprendre la main sur leur temps et leur énergie. »
Une fois l’axe trouvé, vous pouvez respirer. Vous n’avez plus à faire taire vos élans. Vous les organisez autour de lui.
Construire une œuvre, au lieu d’empiler des commencements
Cher multipotentiel qui se lasse vite, ne vous jugez pas trop vite.
Vous n’êtes peut-être pas instable. Pas incapable de finir. Pas condamné à recommencer toute votre vie. Peut-être avez-vous simplement besoin d’arrêter de chercher 150 nouvelles vies, et de créer une œuvre assez grande pour y vivre 150 aventures.
C’est ça, le vrai passage. Ne plus confondre variété et dispersion. Ne plus traiter votre richesse comme un problème. Apprendre à tresser, à relier, à approfondir.
Au fond, votre difficulté n’est peut-être pas d’avoir trop d’élans. C’est que vos élans ne se renforcent pas encore entre eux. Le jour où ils commencent à le faire, vous ne construisez plus seulement des projets. Vous construisez une œuvre.
C’est précisément le travail que nous menons dans les accompagnements Flowtasking™. Nous ne partons pas du principe que vous devez devenir quelqu’un d’autre, ni rentrer dans une méthode rigide. Nous partons de votre fonctionnement réel, votre énergie, vos cycles, votre rapport au temps, pour construire un écosystème vivant. Un système d’organisation, de priorités et de projets qui transforme la dispersion en direction claire.
Si vous sentez que vous avez trop de projets ouverts et que vous cherchez votre propre fil conducteur, vous pouvez réserver un échange de clarification. Nous regarderons ensemble où sont vos fils, et autour de quel axe ils pourraient se tresser.
Vous souhaitez être accompagné pour y parvenir ? Ça se passe ici…
FAQ
Pourquoi les multipotentiels abandonnent-ils si souvent leurs projets ?
Le plus souvent, ce n’est pas par manque de volonté. C’est qu’ils deviennent accros à la sensation du commencement, légère et pleine de potentiel, et qu’ils décrochent quand le projet entre dans sa phase répétitive. Sans axe qui relie leurs élans, chaque nouvelle idée ressemble à une raison de tout recommencer.
Être multipotentiel et se lasser vite, est-ce un manque de discipline ?
Rarement. La lassitude est plus souvent un signal qu’un défaut. Elle indique qu’un projet est devenu trop rigide ou trop linéaire pour votre fonctionnement. La vraie question n’est pas « faut-il plus de discipline ? », mais « comment remettre du mouvement dans ce projet sans repartir de zéro ? ».
Quelle est la différence entre dispersion et variété ?
La dispersion, c’est changer de direction pour fuir l’ennui. La variété, c’est enrichir une même direction avec plusieurs angles. La première éparpille votre énergie sur des chantiers déconnectés. La seconde approfondit un même axe et finit par former un écosystème cohérent.
Comment trouver son fil conducteur quand on a trop d’idées ?
Listez vos fils plutôt que vos projets : les thèmes qui reviennent, les problèmes que vous aimez résoudre, les compétences qui se répètent, les valeurs que vous refusez de sacrifier. Cherchez ensuite l’axe capable de relier tout cela. Pas le projet définitif, juste la colonne vertébrale autour de laquelle vos élans peuvent se tresser.
Faut-il choisir un seul projet pour réussir quand on est multipotentiel ?
Non. Vous n’avez pas besoin de devenir monotâche pour être stable, ni de rétrécir votre richesse pour construire quelque chose de solide. Vous avez besoin d’un fil conducteur. Un axe clair laisse coexister plusieurs projets sans qu’ils se concurrencent, parce qu’ils nourrissent tous la même direction.
